Karl Marx a Friedrich Engels 
en Manchester 
Londres, 8 de agosto de 1851 

18 de agosto de 1851. 
28, Deanstreet, Soho. 
¡Querido Engels! 

Disculpa que no haya escrito antes y acusado a la vez recibo de las 5 libras. La *pressure from without* fue esta semana tan fuerte que no pude ponerme a escribir. Frente al desalojo de la casa me he asegurado por de pronto librando una letra al *landlord*. 

Te envío con esta carta un número de la *Schnellpost*, donde puedes ver el infame ajetreo y chismorreo de la arpía Ruge et Co. En cuanto hayas leído la porquería, devuélvemelo. Para explicarte la única carta de la que el rústico de Heinzen da extractos —procedente sin duda de Fickler—, en breve esto: hace ya 2 o 3 semanas que esos burros —la emigración— celebran asambleas, meetings, para «equilibrarse», constituirse en una «docena» completa y «organizarse» mutuamente como los grandes hombres del futuro. Hoy era su sesión definitiva. Oiré el resultado y te lo comunicaré. Pero la semilla de la discordia prolifera ya tan abundantemente que el señor Siegel me ha hecho anunciar una visita a través de Schablitz, que está aquí ahora con motivo de la Exposición. 

La *New-York Tribune* nos ha solicitado a Freiligrath y a mí como colaboradores, mediante honorarios. Es el periódico de mayor difusión en Norteamérica. Si te es posible proporcionarme un artículo escrito en inglés sobre las condiciones alemanas hasta el viernes por la mañana (15 de agosto), sería un comienzo famoso. 

De Schramm sabemos que mantiene correspondencia continua con su hermano. Le ha escrito a Bamberger que no nos comunique su dirección. A diario llegan nuevos informes sobre sus infames manejos aquí. 

El lobo rojo se ha vuelto otra vez «irlandés». 

Ahora sobre la *Idée générale de la Révolution au XIX siècle* de P. J. Proudhon. Cuando te escribí la primera vez sobre el libro, solo había leído extractos —a menudo falseados aún— de él. Ahora puedo enviarte el ÖxeXetöv. De momento: el libro contiene ataques bien escritos contra Rousseau, 

170 

10 

15 

20 

25 

30 

10 

15 

20 

25 

30 

35 

40 

Marx a Engels - 8 de agosto de 1851 

Robespierre, Montagne, etc. El poder del verdadero curso de las cosas, por hablar con el inmortal Rüge, se produce como sigue: 

I. Estudio. ¡La reacción no ha llevado la revolución a su desarrollo sino hasta ahora! 

III. Estudio. *Y a-t-il raison suffisante de la Révolution au XIX siècle?* 

La revolución de 1789 ha derrocado el antiguo régimen. Pero ha olvidado hacer la nueva sociedad o la sociedad nueva. Solo pensó en la *política*, en lugar de en la *economía política*. Actualmente reina la «anarquía de las fuerzas económicas», de ahí la «tendencia de la sociedad a la miseria». Esto se muestra en la división del trabajo, maquinaria, competencia, sistema crediticio. Crecimiento del pauperismo y del crimen. Además: el Estado (*l’État*) se ha vuelto cada vez más grande, se le ha dotado de todos los atributos de lo absoluto, ha crecido constantemente en independencia y poder. Crecimiento de la deuda pública. El Estado defiende la riqueza contra la miseria. Corrupción. El Estado subyuga a la sociedad. Existe necesidad de la nueva revolución. La tarea de la revolución consiste en *changer*, *à redresser la mauvaise tendance de la société*. No se debe tocar la sociedad misma. En ella no puede hablarse de *reconstitución arbitraria*. 

III. Estudio. *Du Principe d'Association*. 

La asociación es un dogma, pero no una fuerza económica. La asociación no es nada orgánico y productivo, como la división del trabajo, el comercio, el intercambio, etc. No se debe confundir la asociación con la *force collective*. *La force collective est un acte impersonnel, l'association un engagement volontaire. L'association est de sa nature stérile, nuisible même, car elle est une entrave à la liberté du travailleur*. Se ha atribuido al *contrat de société* una fuerza que solo pertenece a la división del trabajo, al intercambio, a la *force collective*. Si se fundan asociaciones para realizar grandes obras, no se debe esto al principio de la asociación, sino a sus medios. Solo se somete uno a la asociación si encuentra en ella *une indemnité suffisante*. Solo para el *associé* débil o perezoso es la asociación *productive d'utilité*. Es *solidarité, responsabilité commune*, frente a terceros. La asociación solo es aplicable, en general, *dans des conditions spéciales, dépendantes de ses moyens. L'association, formée en vue du lien de famille et de la loi du dévouement, et en dehors de toute considération économique extérieure — l'association pour elle-même, est un acte de pure religion, un lien surnaturel, sans valeur positive, un mythe*. No se debe confundir la asociación con las *rapports nouveaux que se propose de développer la Réciprocité entre les producteurs et les consommateurs*. *L'association met de niveau les contractants, subordonne leur liberté au devoir social, les dépersonnalise.* 

171 

Marx a Engels - 8 de agosto de 1851 

IV. Estudio. *Du Principe d'Autorité*. 

La *idée gouvernementale naquit des mœurs de famille et de l'expérience domestique*. La democracia es el *dernier terme* de la evolución gubernamental. A la idea del gobierno se opone la del contrato. El verdadero lema revolucionario es: *¡Plus de Gouvernement!* La autoridad absoluta se ve pronto forzada a negarse a sí misma y a limitarse en las leyes e instituciones. Innumerables como los intereses, ahora la legislación, que los determina exteriormente. Se disipa en lo malo infinito. La ley es un grillete que se me impone desde fuera. Monarquía constitucional. Desatino híbrido. Sufragio universal. La *intuition divinatoire de la multitude* es un desatino. *Qu'ai-je besoin de mandataires, pas plus que de représentants!* Elección, voto, incluso unánime, no deciden nada. Según el sufragio universal, Bonaparte sería el hombre verdadero, etc. *La démocratie pure ou le gouvernement direct* —invención de Rittinghausen, Considérant, Ledru-Rollin— *aboutit à l'impossible et à l'absurde*. En esta idea del Estado llevada al extremo surge su *nonsense*. 

V. Estudio. *Liquidation sociale*. 

1) *Banque nationale*. Se decreta la liquidación del Banco de Francia. No se le declara banco del Estado, no, sino *établissement d'utilité publique*. El interés se reduce al ½ o ¼%. 

2) Deuda pública. Con la primera medida se quita a los capitales particulares la industria del descuento, fluyen hacia la Bolsa; el Estado ya solo paga ½ o ¼% y con ello cesa el interés del interés. En lugar de interés, el Estado paga *annuités*, es decir, reembolsa en cuotas anuales el capital que se le ha prestado. O, en otras palabras: decreto de que los intereses que el Estado paga por la deuda se les cuenten *en déduction du principal, à titre d'annuités.* | 

I [3)] *Dettes hypothécaires. Obligations simples.* 

«*Les intérêts de toutes créances, hypothécaires, chirographaires, actions de commandite, sont fixés à ¼, o ½ %. Les remboursements ne pourront être exigés que par annuités. L'annuité, pour toutes les sommes au-dessous de 2000 fcs. sera de 10% ; pour les sommes au-dessus de 2000 fcs., 5%. Pour faciliter le remboursement des créances et suppléer à la fonction des anciens prêteurs, une division des Bureaux de la banque nationale d'escompte deviendra Banque foncière : le maximum de ses avances sera, par année, de 500 millions.*» 

4) *Propriété immobilière : Bâtiments.* 

Decreto: «*Tout payement fait à titre de loyer sera porté en à compte de la propriété, celle-ci estimée au vingtuple du prix de location. Tout acquittement de terme vaudra au locataire part proportionnelle et indivise dans la maison par lui habitée, et dans la totalité des constructions exploitées à loyer, et* 

172 

10 

15 

20 

25 

30 

35 

40 

10 

15 

20 

25 

30 

35 

40 

Marx a Engels - 8 de agosto de 1851 

*servant à la demeure des citoyens. La propriété ainsi remboursée passera à fur et mesure au droit de l'administration communale, qui, par le fait du remboursement, prendra hypothèque et privilège du premier ordre, au nom de la masse des locataires, et leur garantira à tous, à perpétuité, le domicile, au prix du revenu du bâtiment. Les communes pourront traiter de gré à gré avec les propriétaires, pour la liquidation et le remboursement immédiat des propriétés louées. Dans ce cas, et afin de faire jouir la génération présente de la réduction des prix de loyer, lesdites communes pourront opérer immédiatement une diminution sur le loyer des maisons pour lesquelles elles auront traité, de manière que l'amortissement en soit opéré seulement en trente ans. Pour les réparations, l'agencement et l'entretien des édifices, comme pour les constructions nouvelles, les communes traiteront avec les Compagnies maçonnes ou associations d'ouvriers en bâtiment, d'après les principes et les règles du nouveau contrat social. Les propriétaires, occupant seuls leurs propres maisons, en conserveront la propriété aussi longtemps qu'ils le jugeront utile à leurs intérêts.*» 

5) *Propriété foncière.* «*Tout payement de redevance pour l'exploitation d'un immeuble acquerra au fermier une part de propriété dans l'immeuble, et lui vaudra hypothèque. La propriété, intégralement remboursée, relèvera immédiatement de la commune, laquelle succédera à l'ancien propriétaire et partagera avec le fermier la nue-propriété et le produit net. Les communes pourront traiter de gré à gré avec les propriétaires qui le désireront, pour le rachat des rentes et le remboursement immédiat des propriétés. Dans ce cas il sera pourvu, à la diligence des communes, à l'installation des cultivateurs et à la délimitation des possessions, en ayant soin de compenser autant que possible l'étendue superficiaire avec la qualité du fonds, et de proportionner la redevance au produit. Aussitôt que la propriété foncière aura été intégralement remboursée, toutes les communes de la République devront s'entendre pour égaliser entre elles les différences de qualité des terrains, ainsi que les accidents de la culture. La part de redevance à laquelle elles ont droit sur les fractions de leurs territoires respectifs, servira à cette compensation et assurance générale. À partir de la même époque, les anciens propriétaires qui, faisant valoir par eux-mêmes leurs propriétés, auront conservé leur titre, seront assimilés aux nouveaux, soumis à la même redevance et investis des mêmes droits, de manière que le hasard des localités et des successions ne favorise personne, et que les conditions de culture soient pour tous égales. L'impôt foncier sera aboli. La police agricole est dévolue aux conseils municipaux.*» 

VI. Estudio. *Organisation des forces économiques*. 

1) *Crédit.* El *Banque nationale* arriba citado con sus sucursales. Retirada paulatina del oro y la plata de la circulación. Susti- 

173 

Marx a Engels - 8 de agosto de 1851 

tución por papel. *Quant au crédit personnel, c'est dans les compagnies ouvrières et les sociétés agricoles et industrielles qu'il doit trouver son exercice.* 

2) *Propriété.* Se encuentra en la «*Propriété foncière*» arriba citada. Bajo las condiciones dichas se puede, *sans la moindre inquiétude, permettre au propriétaire de vendre, transmettre, aliéner, faire circuler à volonté la propriété.... Avec les facilités du remboursement par annuités, la valeur de l'immeuble peut être indéfiniment partagée, échangée, subir toutes les mutations imaginables, sans que l'immeuble soit entamé jamais.* || El *travail agricole repousse la forme sociétaire.* 

3) *Division du travail, forces collectives, machines. Compagnies ouvrières.*

Marx a Engels, 8 de agosto de 1851

Toda industria, explotación o empresa que por su naturaleza exija el empleo combinado de un gran número de obreros de especialidades diferentes, está destinada a convertirse en el hogar de una sociedad o compañía de trabajadores. Pero allí donde el producto pueda obtenerse sin el concurso de facultades especiales, por la acción de un individuo o de una familia, no hay lugar a la asociación. Así pues, no hay asociaciones en los pequeños talleres, en la artesanía, la zapatería, la sastrería, etc., los comerciantes, etc. Asociación en la gran industria. De ahí, las compañías obreras. Todo individuo empleado en la asociación tiene un derecho indiviso sobre la propiedad de la compañía; tiene el derecho de desempeñar sucesivamente todas sus funciones; su educación, instrucción y aprendizaje deben dirigirse de tal modo que, haciéndole soportar su parte de las fatigas repugnantes y penosas, le hagan recorrer una serie de trabajos y de conocimientos, y le aseguren, en la edad madura, una aptitud enciclopédica y un ingreso suficiente; las funciones son electivas y los reglamentos sometidos a la adopción de los asociados; el salario es proporcionado a la naturaleza de la función, a la importancia del talento, a la extensión de la responsabilidad; todo asociado participa de los beneficios como de las cargas de la compañía, en proporción a sus servicios; cada cual es libre de abandonar voluntariamente la asociación, de hacer ajustar su cuenta y liquidar sus derechos, y recíprocamente la compañía es dueña de incorporar siempre nuevos miembros... Ésta es la solución de los dos problemas: el de la fuerza colectiva, y el de la división del trabajo... En el período de transición, los fabricantes, etc., son los directores de estos talleres.

4) Constitución del valor; organización del bajo precio. Remediar la carestía de la mercancía y lo arbitrario del precio. El justo precio representa con exactitud: a) el importe de los costes de producción, según la media oficial de los libres productores; b) el salario del comerciante, o la indemnización por la ventaja de la que se priva el vendedor al desprenderse de la cosa. Para mover al comerciante a ello, debe dársele una garantía.

Puede existir de varias maneras: ya sea que los consumidores que quieren gozar del justo precio, y que son al mismo tiempo productores, se obliguen a su vez frente al comerciante a entregarle, en condiciones iguales, sus propios productos, como se practica entre las distintas asociaciones obreras parisinas; ya sea que dichos consumidores se contenten con asegurar al vendedor una prima o bien una venta lo bastante considerable para garantizarle un ingreso. Por ejemplo, el Estado, en nombre de los intereses que provisionalmente representa, los departamentos y los municipios, en nombre de sus respectivos habitantes, queriendo asegurar a todos el justo precio y la buena calidad de los productos y servicios, ofrecen garantizar a los empresarios que ofrezcan las condiciones más ventajosas, ya sea un interés para los capitales y el material invertido en sus empresas, ya sea un sueldo fijo, ya sea, en su caso, una masa suficiente de pedidos. Los licitadores se obligarán, a cambio, a suministrar los productos y servicios por los que se comprometen, a toda requisición de los consumidores. Se reserva, por lo demás, toda libertad a la concurrencia. Deberán indicar los elementos de sus precios, el modo de entrega, la duración de sus compromisos, sus medios de ejecución. Las ofertas depositadas, bajo sello, dentro de los plazos prescritos, serán luego abiertas y publicadas, 8 días, 15 días, 1 mes, 3 meses, según la importancia de los contratos, antes de la adjudicación. Al expirar cada compromiso, se procederá a nuevas subastas.

5) Comercio exterior. En cuanto baje el interés, hay que rebajar los aranceles, y cuando se suprima o se sitúe entre el 1/2 y el 3/4 %, abolir las aduanas.

VII. Estudio. Disolución del gobierno en el organismo económico. La sociedad sin la autoridad. Eliminación de los cultos. Justicia, administración, policía, instrucción pública, guerra, marina, etc., todo con respectivas frases stirnerianas.

Escríbeme más detalladamente qué piensas de esta receta.

Salud,
Tuyo
K. Marx